Lyon adopte Linux et les logiciels libres pour renforcer sa souveraineté numérique
La ville de Lyon s’engage résolument dans l’adoption de logiciels libres et de systèmes d’exploitation open source, afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des géants technologiques américains et de renforcer sa souveraineté numérique. Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large observée en Europe, où plusieurs régions et administrations publiques cherchent à reprendre le contrôle de leurs infrastructures informatiques en se tournant vers des solutions européennes ou open source.
Une décision qui s’inscrit dans un mouvement européen
Parmi les exemples connus, le Land allemand de Schleswig-Holstein a déjà amorcé un processus de migration vers des systèmes indépendants des grands fournisseurs internationaux. Lyon, quant à elle, a récemment annoncé qu’elle mettrait fin à son utilisation des services numériques de Microsoft.
Deux projets phares pour transformer le numérique local
Le conseil municipal lyonnais a dévoilé deux projets majeurs visant à moderniser l’utilisation des technologies numériques dans les services publics.
1. Adoption progressive de logiciels libres pour la bureautique
Le premier projet consiste à remplacer progressivement les outils propriétaires de Microsoft, tels que le pack Office, par des alternatives open source comme OnlyOffice, permettant de créer, modifier et partager des documents, feuilles de calcul et présentations. Pour les systèmes d’exploitation et la gestion des bases de données, Lyon optera pour Linux et PostgreSQL, garantissant une plateforme stable, sécurisée et entièrement contrôlée par les services municipaux.2. Création du Territoire Numérique Ouvert
Le second projet concerne l’ensemble de l’agglomération lyonnaise (la ville de Lyon et 58 communes voisines). Il s’agit de la mise en place d’un Territoire Numérique Ouvert, développé avec le SITIV et l’autorité administrative métropolitaine. Cette plateforme open source permettra :- la visioconférence,
- le partage de documents,
- la collaboration en ligne.
Une démarche stratégique et politique
L’adoption de solutions libres dépasse le simple aspect technique : elle traduit une volonté de renforcer la souveraineté numérique. Lyon souhaite garantir que ses services publics restent autonomes, sécurisés et durables sur le long terme.Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large au sein de l’administration française et européenne. Par exemple :
- La Gendarmerie nationale a adopté sa propre distribution basée sur Ubuntu.
- Au Danemark, la moitié du personnel du ministère de la Digitalisation testera LibreOffice sur Linux pendant l’été, avec l’objectif éventuel de généraliser cette pratique.
Les avantages concrets des logiciels libres
Plusieurs bénéfices motivent cette transition :
- Flexibilité et personnalisation : adaptation des outils aux besoins spécifiques des services municipaux.
- Sécurité : les codes sources ouverts peuvent être audités et corrigés par la communauté, réduisant les risques de vulnérabilités.
- Pérennité : les logiciels libres peuvent être maintenus localement, assurant la continuité des services numériques.
Le Territoire Numérique Ouvert comme modèle
Cette plateforme open source permet aux employés et aux habitants de collaborer en toute sécurité, sans dépendre d’entreprises externes. Lyon crée ainsi un écosystème numérique cohérent et résilient, pouvant servir d’exemple à d’autres collectivités françaises et européennes.
Un impact économique et pédagogique
La migration vers des logiciels libres favorise également :
- le développement de compétences internes au sein des administrations,
- la formation des agents aux technologies open source,
- le soutien aux entreprises locales spécialisées dans les logiciels libres.
En somme, Lyon construit un écosystème numérique capable de répondre aux besoins présents et futurs de la ville.
Un engagement pour la souveraineté numérique européenne
Face à l’importance stratégique des données, la dépendance aux entreprises étrangères représente un risque pour la sécurité et l’autonomie des institutions publiques. En adoptant Linux, PostgreSQL et OnlyOffice, et en développant le Territoire Numérique Ouvert, Lyon affirme sa volonté de contrôler ses outils numériques et de garantir des services publics au service des citoyens.
La transition numérique lyonnaise constitue une avancée majeure vers l’autonomie technologique et la souveraineté numérique. Grâce à ces initiatives, Lyon se positionne comme un exemple pour d’autres villes, en conciliant innovation, sécurité et indépendance. Ce projet démontre qu’il est possible de repenser l’utilisation des logiciels et services numériques dans le secteur public, en privilégiant des solutions ouvertes, transparentes et durables.
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